Publié par : Dr. CaSo | Samedi, 21 janvier 2012

question d’amour et d’argent

L’autre jour, j’avais plein de bonnes raisons pour attendre de faire ma demande de tenure encore un an. Aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi je n’attendrai pas une minute de plus:

I. J’en ai marre de cette attente pénible depuis bientôt six ans. Cette foutue tenure est une épée de Damoclès au-dessus de ma tête jour et nuit!

II. Ma Faculté est en train de tomber dans le précipice, financièrement (et psychologiquement). On n’est pas au bord du précipice, non non, on a déjà sauté, mais on n’a hélas pas encore atteint le fond. On devrait s’y écraser en beauté l’année (scolaire) prochaine.

III. Du côté financier, c’est beaucoup plus intelligent de faire ça maintenant, parce que: 1) quand je serai tenured, mon salaire augmentera, et cette augmentation peut faire une grosse différence sur les 30 prochaines années; et 2) étant donné le point II, il est fort possible que l’augmentation de salaire que je pourrais avoir cette année soit devenue inexistante l’année prochaine!

IV. Toujours à cause de II, beaucoup de gens vont perdre leur job dans ma Faculté, dans les prochains mois. Ca commencera par les salariés avec des contrats pourris, puis les secrétaires, et ça finira avec les profs comme moi qui n’ont pas la sécurité de la tenure. Comme je suis l’une des dernières à avoir été embauchée, je pourrais potentiellement être l’une des premières à partir… sauf si j’ai la tenure.

V. Because le point IV, la rumeur court que certaines personnes pourraient démissionner pour protester ou parce qu’elles refusent de travailler dans des situations intenables, comme par exemple Ze Boss, si on virait sa secrétaire. Comme Ze Boss est l’une des rares personnes à comprendre (un peu) mon travail, mes chances de recevoir cette tenure seraient extrêmement compromises si elle n’était plus là pour m’aider à traverser cette difficile étape de ma carrière.

VI. Je ne sais même pas si mon centre pour étudiants ne sera pas bientôt fermé. (En réalité, si mon centre fermait, même si j’avais la tenure je serais virée. Pas pour faute professionnelle mais tout simplement parce que mon boulot n’existerait plus. C’est l’une des rares situations dans laquelle la tenure ne sert à rien.) Il y a un autre centre comme le mien sur le campus, beaucoup plus petit (donc moins cher) et où les étudiants payent $20 de l’heure (alors que nous sommes gratuits). J’en perds le sommeil, quand je pense à ça!

Donc voilà. Si je veux publier un ou deux articles avant mai, il va falloir que je m’y mette sérieusement. Pour les courbettes, les conférences, et la socialisation avec mes collègues, c’est râpé, mais c’est pas moi qui vais me plaindre vu que je déteste ça! En gros, c’est la galère, la crise, l’angoisse, le stress, la pétoche, la déprime, la folie, et ça va durer jusqu’au 1er mai (après ça, il y aura l’angoisse de l’attente jusqu’en novembre, oh joie!). Mais j’aime mon boulot et je vais tout faire pour le garder!

Ce chili con carne mi-fort vient du livre de recettes d’Isa. Ma chère mère a feuilleté le bouquin (l’un des rares livres de recettes que je possède en français) et m’a dit “ça fait des années que je rêve d’un chili con carne!” Nous le fîmes donc (elle a coupé les poivrons et j’ai admiré qu’elle ait réussi à ce que chaque morceau soit d’une taille distinctement différente des autres! Variety is the spice of life, comme on dit ici!)

Faire revenir dans une cocotte:

15 ml (1 c. à soupe) d’huile
500 g (1 lb) de boeuf haché (j’ai mis environ 400 g)
1 gros oignon
113 g (1/2 tasse) de céleri émincé
2 gousses d’ail hachées (j’en ai mis plus)

Ajouter:

1 boîte (796 ml ou 3 1/2 tasses) de tomates en purée
1 poivron vert coupé en dés (j’ai mis 1/2 rouge et 1/2 jaune)
250 ml (1 tasse) de bouillon de boeuf (j’ai mis du bouillon de légume)
3 boîtes (3×540 ml ou 2 1/3 tasses) de haricots rouges (j’en ai mis 1) rincés et égouttés
13 g (1 c. à soupe) de poudre de chili
5 g (1 c. à thé) de marjolaine (j’en avais pas)
5 g (1 c. à thé) d’origan (j’en avais pas)
5 g (1 c. à thé) de thym
1,2 g (1/4 c. à thé) de sauge (j’en avais pas)
2,5 g (1/2 c. à thé) de paprika (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
1, 2 g (1/4 c. à thé) de poudre de cumin (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
1,2 g (1/4 c. à thé) de poivre de Cayenne (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
0,6 g (1/8 c. à thé) de graines de coriandre (j’en ai mis environ 10)
0,6 g (1/8 c. à thé) de poudre de gingembre (j’en ai mis au pif)
1 feuille de laurier
2 petits piments jalapeno émincé (j’ai mis des serranos)
15 g (1 c. à soupe) de cacao non sucré

Couvrir et cuire à feu doux 1 heure (moi un peu plus, et sans couvercle) en brassant souvent. Rectifier les épices au goût.

Servir avec du fromage râpé et des garnitures au choix (moi, tout simplement sur un bol de riz).

Réussite: 10/10! Cétait absolument divin! Un chouïa fort le premier jour mais avec le riz ça passait sans problème. On en a mangé pendant 2 jours, c’était chaud, réconfortant, coloré, délicieux, appétissant, et en plus toute la maison sentait bon! Merci Isa pour cette exquise recette et merci ma mère pour cet excellent choix!

Publié par : Dr. CaSo | Samedi, 14 janvier 2012

l’air de la bêtise

Ce post sur la photo du mois va, hélas, me permettre de démontrer ma nullité en physique!

L’histoire commence ainsi: Dans ma chambre, je peux mettre mon lit contre le mur nord ou le mur sud. Au départ, je l’ai mis contre le mur sud pour avoir une vue sublime sur la rivière et la ville, les couchés de soleil ET les levés de soleil (vue que vous avez d’ailleurs pu admirer lors de la dernière édition de la photo du mois). Hélas, le chauffage/air conditionné des voisins faisant trop de bruit, j’ai été obligée de tourner mon lit contre le mur nord, d’où j’ai une jolie vue sur la rivière mais c’est tout.

Les levés et couchés de soleil me manquant trop, j’ai voulu faire la maline… et mettre des immenses miroirs dans ma chambre contre le mur sud pour refléter la jolie vue de la ville et que je puisse la voir depuis mon lit toujours contre le mur nord.

Je suis donc allée à IKEA où j’ai trouvé deux immenses miroirs (120 cm sur 160 cm) (ce qui est plus haut que moi!), ai demandé aux voisins d’en-dessous (ceux qui m’ont fait chier jusqu’à 2 heures du matin avec leur musique à fond et leurs hurlements le 2 janvier) de les porter depuis ma voiture jusqu’à chez moi, ai trouvé un homme à tout faire (pour seulement $35 de l’heure, c’est bon à savoir), acheté un petit niveau à bulle pour que tout soit bien posé et bien droit, et…

… et… voilà ce que je vois maintenant, depuis mon lit, dans mes miroirs:

Eh oui, j’ai découvert que mes miroirs ne peuvent pas tourner la tête vers la belle vue, et donc ils ne “voient” que ce qui est devant eux, c’est-à-dire le mur d’en face avec une jolie photo de fleur de désert accrochée dessus. De levés de soleil? Niet! De couchés de soleil? Ziltch! De ville et de rivière? Walou walou!

Mortecouille, que je suis bête!

Je comprends pas, dans les films ça marche toujours les jeux de miroirs! Il doit y avoir une couille avec les miroirs Albertains, c’est sûr ;) En tous les cas, l’homme à tout faire a bien rigolé!
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NOTE: bravo à ceux qui sont arrivés jusqu’ici malgré le mauvais lien du pavé de liens. Est-ce que vous pouvez corriger sur vos blog s’il-vous-plaît? Ca me ferait super super plaisir. Le problème est “jelEjure” qui est faux, c’est “jeljure.” Merci!!!

La chicken soup est le remède par excellence contre la grippe et la maladie en général, ici. Par extension, une série de plus de 200 livres a été publiée avec les titres contenant toujours “Chicken Soup for the Soul,” dans l’idée que les petites histoires vraies et inspirantes contenues dans ces livres feraient du bien à l’âme et seraient donc un bon remède contre le découragement, la tristesse, la déprime. Par exemple il y a “Chicken Soup for the Teacher’s Soul,” et “Chicken Soup for the Mother’s Soul,” et même “Chicken Soup for the Canadian Soul”!

Bref, début décembre j’étais un peu patraque et je me suis donc fait cette chicken soup délicieuse et qui m’a fait beaucoup de bien au corps et à l’âme!

Dans une grande casserole, j’ai mis:

1 branche de céleri coupée en morceaux
3 carottes coupées en morceaux
1 oignon coupé en morceaux
5 gousses d’ail coupées grossièrement
1 navet coupé en morceaux
1 bouquet de persil
2 feuilles de laurier
2 clous de girofle
2 blancs de poulet
1 boîte de conserve de bouillon de légume
de l’eau pour généreusement recouvrir le tout

J’ai fait bouillir puis ai réduit le feu pour avoir des petits bouillons. J’ai laissé mijoter, sans couvercle, pendant une heure et demi. Toutes les 15 minutes environ, je “nettoyais” les impuretés du bouillon (la graisse) avec une cuillère.

Avant de servir, j’ai retiré le bouquet de persil, les feuilles de laurier, et les clous de girofle. J’ai aussi déchiqueté les blancs de poulet avec 2 fourchettes pour en faire des morceaux qui tenaient facilement dans une cuillère à soupe.

Réussite: 10/10! J’en ai eu pour 2 jours et assez pour en congeler 2 pots de confiture. C’était facile à faire, chaud, léger, réconfortant, bon pour la santé, et vraiment délicieux!

Prochain épisode: pourquoi je vais demander la tenure cette année et non pas l’année prochaine.

Publié par : Dr. CaSo | Samedi, 7 janvier 2012

tout me fait peur

Depuis quelques mois, je me pose beaucoup de question à propos de mon futur et notamment à propos de ma tenure (je crois qu’on dit “permanence” en Québecois).

Petit résumé: dans les universités, il y a un système de castes comme en Inde, en fait, avec des contrats plus ou moins longs et des salaires plus ou moins pourris. Tout en haut de la hiérarchie, il y a les chanceux qui sont les profs avec la tenure, et en-dessous, il y a les gens comme moi qu’on appelle “tenure-tracked.” Cela signifie que si je bosse bien pendant cinq ou six ans, après une ééééééééééénorme évaluation de mon travail, je pourrai recevoir la tenure, c’est-à-dire un contrat à vie. Il est extrêmement difficile de virer un prof qui a la tenure.

Le problème, c’est cette ééééééénorme évaluation de mes derniers six ans de travail. On évalue surtout mes projets de recherche et mes publications (combien, dans quelles revues académiques, quel impact ils ont eu, etc.), mais aussi mon enseignement (est-ce que les étudiants m’ont aimée, qu’est-ce que mes collègues ont observé, etc.) et le travail administratif que je fais (environ 60% de mes responsabilités). Tout mes collègues peuvent donner leur opinion sur mon travail et sur ma façon d’être une bonne collègue ou non (est-ce que je suis sympa, sociale, serviable, etc.), mais plein d’autre gens de ma Faculté et d’autres Facultés vont aussi donner leur opinion (le Doyen, des gens d’autres départements, etc.). Mais les plus importantes personnes qui vont donner leur opinion sur mon travail sont une dizaine de profs ou directeurs comme moi, au Canada et aux Etats Unis, que je ne connais pas ou très peu, qui vont recevoir mon dossier et devoir l’évaluer.

Donc j’ai la trouille. Je sais que mon boulot n’est pas évalué à sa juste valeur, ici. Je sais que je ne connais que très peu de mes collègues parce que je travaille dans un bâtiment complètement isolé, et puis je ne suis pas super sociale en général. Je sais que beaucoup de mes collègues publient beaucoup plus que moi. Et je sais que très peu de personnes savent en quoi consiste réellement mon travail. Donc je panique.

Je ne suis pas obligée de demander la tenure cette année (si je décide de le faire, je dois rendre mon dossier le 1er mai et j’aurai la réponse fin novembre. Si je ne suis pas acceptée, j’ai un an pour trouver un boulot ailleurs). Je sais aussi qu’il est beaucoup plus facile d’obtenir la tenure au Canada qu’aux Etats Unis mais que mon université ne se prend pas pour la queue de la poire et ils veulent des publications, c’est tout. Je pourrais attendre encore un an, faire des efforts pour mieux connaître mes collègues, publier encore un ou deux trucs, aller à plein de conférences et faire des tas de courbettes, et essayer de mieux faire connaître mon nom parmi les autres directeurs canadiens comme moi. Je m’en veux de ne pas avoir réalisé l’ampleur du problème plus tôt!

Bref. je ne sais pas trop quoi faire, là… et j’ai la trouille à mort!

C’est dans le livre de recettes d’Isa que j’ai trouvé ce délicieux “sucre à la crème” (fudge, in English) Je vous copie la recette.

Ingrédients:

500 ml (2 tasses) de crème 35%
400 g (2 tasses) de cassonade
25 g (2 c. à soupe) de sucre
30 ml (2 c. à soupe) de sirop de maïs ou de glucose

Préparation:

Dans une casserole, mélanger tous les ingrédients. Porter à ébullition et cuire à feu vif environ 20 minutes, ou jusqu’à ce qu’un thermomètre à bonbon indique 116ºC (241ºF). Retirer du feu et laisser tiédir 10 minutes. Fouetter à vitesse élevée pendant 5 minutes avec un batteur électrique, ou jusqu’à ce que les fouets un batteur laissent des traces dans la préparation.

Etendre dans un moule carré, chemisé, de 20 cm (8″). Couvrir et laisser refroidir plusieurs heures. Couper en carrés et servir.

Réussite: 9,8/10! Comme je ne savais pas si c’était 20 minutes OU 116ºC, j’ai arrêté la cuisson après 20 minutes même si je n’avais pas tout à fait atteint les 116ºC (grosse erreur). Donc mon mélange a eu du mal à durcir et j’ai dû le laisser 2 jour au frigo avant qu’il n’ait la bonne consistance. Mais ensuite, il était parfait même si un chouïa friable, et délicieux! Je l’ai coupé en petits morceaux (trop grands d’abord et recoupés ensuite, d’où les formes variées) et l’ai apporté chez Ze Boss pour la fête de fin d’année. Tout le monde a beaucoup apprécié! C’était mes premiers “bonbons” et j’en étais super fière!

Publié par : Dr. CaSo | Mercredi, 4 janvier 2012

prends ta guitare, chante avec moi

Tout d’abord:

Très en retard: Joyeux Noël!

Un peu en retard: Bonne Année!

Et vachement en avance: Joyeuses Pâques!

J’espère que comme ça, mon retard accumulé lors de ces fêtes de fin d’année sera équilibré par mon avance à vous fêter Pâques et vous me pardonnerez ;)

Et ensuite:

Ma mère est venue passer deux semaines ici. Nous avons: assisté à un très chouette concert de Noël, été à une messe de Noël (en français s’il-vous-plaît!), vu un oeuf et une saucisse, fait à manger deux-trois trucs sympas (recettes à venir), nettoyé mon balcon, loué un violon et fait de la musique, un peu bossé pour Santa’s Anonymous, invité des amis pour le réveillon de Nouvel An, mangé un bon p’tit dèj et un bon hamburger dans des restos sympas, été super malade (moi), glandé à fond les manettes (ma mère), travaillé un peu (moi), lu beaucoup (ma mère), regardé CSI (moi), un peu discuté, appris à faire des bagels, visité l’ex-plus grand mall du monde, fait nettoyer Albertine, déambulé dans le farmers’ market de Strathcona, dépensé pas mal de sous, été nous faire couper les cheveux, admiré la lumière et les levés et les couchés de soleil et la lune depuis mon salon, et… heu… c’est tout! Elle est repartie aujourd’hui.

Et pendant tout ce temps-là, il a fait un grand soleil et des températures records (entre 0ºC et 7ºC pendant la journée, entre 0ºC et -12ºC la nuit, à part un jour où il a fait -8ºC pendant la journée et -13ºC pendant la nuit). (Ce qui n’empêche pas les machines à tickets du parking de l’aéroport d’être prêtes pour les grands froids!) Nous avons littéralement passé la journée de Noël sur le balcon (et Noël au balcon…)! Il n’a neigé qu’un peu, deux fois, pendant la nuit, juste assez pour que la neige continue de briller au soleil pendant la journée.

Moi, je remercie du fond du coeur quelques personnes qui se reconnaîtront je l’espère!

Au prochain épisode:  to ask or not to ask for tenure this year?

Pour bien commencer l’année, voilà une petite recette légère et très saine:

1. Dans un saladier, mettre de la roquette, des betteraves rouges cuites coupées en petits morceaux, et du fromage de chèvre frais en petits morceaux.

2. Faire une vinaigrette bien relevée (moutarde, huile, vinaigre, sel, poivre) et mélanger avec la salade.

3. Déguster sans culpabilité!

Réussite: 10/10! C’est salade très rapide et facile à faire, bonne pour la santé, jolie, colorée, et très forte en saveurs. Le goût un peu épicé de la roquette se marie très bien avec celui bien prononcé (earthy) des betteraves rouges, et le fromage de chèvre apporte un peu de douceur.

Publié par : Dr. CaSo | Mercredi, 14 décembre 2011

tendre fesse

Il est tout juste 8 heures quand je me réveille, un chat ronronnant confortablement installée dans mes bras sous la couette. Il fait -24ºC (-31ºC avec le facteur éolien). La première chose que je remarque est que l’air est rempli de diamants, on se croirait dans une discothèque tellement ça scintille!

Sans perdre une minute, je me lève, je prends mon appareil photo, et je sors sur le balcon–en pyjama, pieds nus–pour prendre autant de photos que possible de la ville endiamantée qui fume gaiement au loin et de la rivière gelée et emballée dans une barbe-à-papa vaporeuse et délicate. J’y ai vu un renard qui courait après un lapin hier matin.

Dès la porte du balcon ouverte, mes poumons crient au scandale et toussent avec vigueur cet air glacé qui les brûle. La neige du balcon crisse sous mes pieds! Mon bas de pyjama gèle rapidement contre mes mollets. Je prends vite quelques photos mais au bout de trois minutes, mon appareil photo meurt de froid (littéralement) et de toutes les manières, je ne crois pas que ce soit bien pour mes pieds nus de rester ainsi dans la neige.

cliquez sur la photo pour la voir en plus grand

Ce que je voulais prendre en photo, surtout, c’est ce petit banc de bois, sous ma fenêtre, au bord de la rivière. Il en a vu, lui, des fesses de mamans se promenant avec leurs enfants le long de la rivière, des fesses de vieux monsieur chinois faisant son tai-chi tôt au lever du jour, des fesses de cyclistes intrépides longeant la rivière sur le sentier que le courant de la rivière englouti une peu plus chaque année, des fesses de jeunes professionnels marchant d’un pas décidé et fiers d’être “green” tous les matins en allant au travail, des fesses de jeunes handicapés faisant leur promenade dans le quartier tous les soirs, des fesses de voisins promenant leurs chiens soirs et matins, sacàcaca à la main, des fesses d’ados gueulards faisant un ramdam d’enfer avec leurs skateboards, des fesses de jeunes femmes méritantes essayant de perdre quelques kilos grâce à un jogging approximativement routinier, des fesses de skieurs glissant légèrement sur la piste enneigée impeccablement entretenue, des fesses de couples âgés déambulant sereinement main dans la main au couché du soleil…

Visiblement, il faut que je remercie Claude, qui a choisi le thème de la photo de décembre et qui m’a enfin permis d’écrire une histoire de fesses sur mon blog :lol:

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