L’autre jour, j’avais plein de bonnes raisons pour attendre de faire ma demande de tenure encore un an. Aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi je n’attendrai pas une minute de plus:
I. J’en ai marre de cette attente pénible depuis bientôt six ans. Cette foutue tenure est une épée de Damoclès au-dessus de ma tête jour et nuit!
II. Ma Faculté est en train de tomber dans le précipice, financièrement (et psychologiquement). On n’est pas au bord du précipice, non non, on a déjà sauté, mais on n’a hélas pas encore atteint le fond. On devrait s’y écraser en beauté l’année (scolaire) prochaine.
III. Du côté financier, c’est beaucoup plus intelligent de faire ça maintenant, parce que: 1) quand je serai tenured, mon salaire augmentera, et cette augmentation peut faire une grosse différence sur les 30 prochaines années; et 2) étant donné le point II, il est fort possible que l’augmentation de salaire que je pourrais avoir cette année soit devenue inexistante l’année prochaine!
IV. Toujours à cause de II, beaucoup de gens vont perdre leur job dans ma Faculté, dans les prochains mois. Ca commencera par les salariés avec des contrats pourris, puis les secrétaires, et ça finira avec les profs comme moi qui n’ont pas la sécurité de la tenure. Comme je suis l’une des dernières à avoir été embauchée, je pourrais potentiellement être l’une des premières à partir… sauf si j’ai la tenure.
V. Because le point IV, la rumeur court que certaines personnes pourraient démissionner pour protester ou parce qu’elles refusent de travailler dans des situations intenables, comme par exemple Ze Boss, si on virait sa secrétaire. Comme Ze Boss est l’une des rares personnes à comprendre (un peu) mon travail, mes chances de recevoir cette tenure seraient extrêmement compromises si elle n’était plus là pour m’aider à traverser cette difficile étape de ma carrière.
VI. Je ne sais même pas si mon centre pour étudiants ne sera pas bientôt fermé. (En réalité, si mon centre fermait, même si j’avais la tenure je serais virée. Pas pour faute professionnelle mais tout simplement parce que mon boulot n’existerait plus. C’est l’une des rares situations dans laquelle la tenure ne sert à rien.) Il y a un autre centre comme le mien sur le campus, beaucoup plus petit (donc moins cher) et où les étudiants payent $20 de l’heure (alors que nous sommes gratuits). J’en perds le sommeil, quand je pense à ça!
Donc voilà. Si je veux publier un ou deux articles avant mai, il va falloir que je m’y mette sérieusement. Pour les courbettes, les conférences, et la socialisation avec mes collègues, c’est râpé, mais c’est pas moi qui vais me plaindre vu que je déteste ça! En gros, c’est la galère, la crise, l’angoisse, le stress, la pétoche, la déprime, la folie, et ça va durer jusqu’au 1er mai (après ça, il y aura l’angoisse de l’attente jusqu’en novembre, oh joie!). Mais j’aime mon boulot et je vais tout faire pour le garder!

Ce chili con carne mi-fort vient du livre de recettes d’Isa. Ma chère mère a feuilleté le bouquin (l’un des rares livres de recettes que je possède en français) et m’a dit “ça fait des années que je rêve d’un chili con carne!” Nous le fîmes donc (elle a coupé les poivrons et j’ai admiré qu’elle ait réussi à ce que chaque morceau soit d’une taille distinctement différente des autres! Variety is the spice of life, comme on dit ici!)
Faire revenir dans une cocotte:
15 ml (1 c. à soupe) d’huile
500 g (1 lb) de boeuf haché (j’ai mis environ 400 g)
1 gros oignon
113 g (1/2 tasse) de céleri émincé
2 gousses d’ail hachées (j’en ai mis plus)Ajouter:
1 boîte (796 ml ou 3 1/2 tasses) de tomates en purée
1 poivron vert coupé en dés (j’ai mis 1/2 rouge et 1/2 jaune)
250 ml (1 tasse) de bouillon de boeuf (j’ai mis du bouillon de légume)
3 boîtes (3×540 ml ou 2 1/3 tasses) de haricots rouges (j’en ai mis 1) rincés et égouttés
13 g (1 c. à soupe) de poudre de chili
5 g (1 c. à thé) de marjolaine (j’en avais pas)
5 g (1 c. à thé) d’origan (j’en avais pas)
5 g (1 c. à thé) de thym
1,2 g (1/4 c. à thé) de sauge (j’en avais pas)
2,5 g (1/2 c. à thé) de paprika (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
1, 2 g (1/4 c. à thé) de poudre de cumin (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
1,2 g (1/4 c. à thé) de poivre de Cayenne (j’en ai mis beaucoup plus au pif)
0,6 g (1/8 c. à thé) de graines de coriandre (j’en ai mis environ 10)
0,6 g (1/8 c. à thé) de poudre de gingembre (j’en ai mis au pif)
1 feuille de laurier
2 petits piments jalapeno émincé (j’ai mis des serranos)
15 g (1 c. à soupe) de cacao non sucréCouvrir et cuire à feu doux 1 heure (moi un peu plus, et sans couvercle) en brassant souvent. Rectifier les épices au goût.
Servir avec du fromage râpé et des garnitures au choix (moi, tout simplement sur un bol de riz).
Réussite: 10/10! Cétait absolument divin! Un chouïa fort le premier jour mais avec le riz ça passait sans problème. On en a mangé pendant 2 jours, c’était chaud, réconfortant, coloré, délicieux, appétissant, et en plus toute la maison sentait bon! Merci Isa pour cette exquise recette et merci ma mère pour cet excellent choix!















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